Employabilité et accompagnement de carrières

Employabilité
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L’une des indications à laquelle tiennent tout particulièrement les Grandes Ecoles, Universités et autres Instituts est celle du degré d’employabilité de leurs lauréats. Avancer ce type de performance est essentielle car – par le bais de ces données statistiques objectives – il serait démontré ainsi la capacité de ces dits Organismes à conduire dans les meilleures conditions leurs étudiants vers les emplois de demain ou tout au moins les préparer à intégrer rapidement le monde de l’entreprise.

Les constructions pédagogiques actuelles visent justement à élaborer un accompagnement progressive et tout autant global susceptible de placer leurs bénéficiaires dans les meilleures conditions d’accès au marché du travail au regard de leurs ambitions, de leurs compétences et de leurs qualités intrinsèques. Sans risque de se tromper, il en va, là, d’une tendance très lourde de l’enseignement supérieur.

Les Universités et les Grandes Ecoles y sont obligées. Elles le font aujourd’hui avec plus de détermination et de façon plus avisée qu’il y a tout juste une dizaine d’années. C’est peu dire qu’elles s’y engagent avec véhémence. Elles développent des initiatives et des projets de diverses natures ayant pour finalité première la conduite de leurs apprenants sur la voie d’une employabilité toujours meilleure et plus immédiate.

Si l’objectif est clairement posé, quelques explications pour une mise en perspective ne sont pas de trop !

Que sera le monde de demain ?

Au monde d’hier – stable et prévisible – succèderait aujourd’hui un environnement plus incertain, générateur de bifurcations et de changements pour le moins – cédons à la mode du langage – disruptifs. Ce monde nouveau sera probablement plus dur et féroce pour les primo –accédants au marché du travail.  Le rétrécissement programmé de ce dernier, tout comme l’incapacité à se projeter avec précision en termes de métiers futurs ou encore l’annonce d’une flexibilité plus élevée des mécanismes régissant les « lois » du marché du travail, exposeraient les étudiants d’aujourd’hui à de multiples inconnues. Or, ces derniers sont déjà  confrontés à l’une des compétitions des plus ardues qui soit : celle de la sélection des compétences les plus agiles autrement dit celles qui feront preuve de facultés d’adaptation pour faire croitre les niveaux de productivité et renforcer le degré de compétitivité de l’entreprise. Cette compétition intervenant de plus en plus tôt ! Enfin, ils souffriront de surcroit de la raréfaction de l’offre d’emplois qui désormais s’impose comme horizon quasi-Indépassable du système économique contemporain rendu prisonnier- il est vrai – de sa propre révolution technologique. Nul doute que la donne est en train de changer profondément.  Résultats : Les temps de formation et de préparation à l’intégration en entreprise seront plus courts, davantage ramassés presque rétrécis diront certains. Pour les Universités et les Grandes Ecoles, il y a donc urgence face au diktat de l’environnement économique. Il y a lieu de forcer la cadence, de presser le pas, en somme de « se dépêcher » pour que se réalise concrètement le potentiel des Talents formés par leurs soins.

Quelles exigences pose l’insertion professionnelle ? 

Parce que la formation délivrée est d’abord et avant tout une promesse d’emploi ou, pour le moins, une garantie de pouvoir acquérir les compétences nécessaires et « updated », il y a une véritable course à vouloir mettre en œuvre des politiques qui abondent dans ce sens.  Il n’est pas d’Institutions de formation qui ne souhaiteraient pouvoir se targuer de réaliser les meilleurs taux d’insertion professionnelle pour ses propres lauréats.  La démonstration effective de cette possibilité est bien le pari qui est pris.  Cela est légitime car la raison même de cet engagement est de délivrer la formation la mieux adaptée aux évolutions du marché du travail. Dans un contexte où la logique économique est surdéterminante – permettre au moment et en temps voulu à celles et ceux qui acquièrent des compétences nouvelles d’être en phase avec les besoins des entreprises est l’attendu premier.

La préparation à l’insertion professionnelle, sorte de « mise en condition », permet donc de donner les outils les mieux appropriés pour une intégration réussie au sein de l’entreprise. Or, cet autre attendu clairement affichée doit pouvoir prendre corps. C’est pourquoi les programmes d’accompagnement professionnel ou de carrières nous interpellent aujourd’hui avec force.

Un programme d’accompagnement de carrières, qu’est-ce au juste ?  

Préoccupation forte s’il en est, il correspond tout d’abord à un processus de préparation des futurs jeunes lauréats afin qu’ils puissent entreprendre avec succès leurs premiers pas en Entreprise … et   les suivants d’ailleurs !  Il a  pour  finalité de  « mettre dans le bain » le plus rapidement possible nos jeunes étudiants, de  les prévenir des écueils et autres difficultés qu’ils auront à affronter, de leur apprendre à les surmonter et de les sensibiliser – pourquoi pas – sur les termes de leur  premier exercice managérial.

Construction effective ensuite comme expression matérialisée de la finalité précédente, les programmes   d’accompagnement doivent pouvoir trouver appui sur des interventions et des actions concrètes. Des pratiques et des enseignements pluriels en sont constitutifs. Nous y trouvons du mentorat et du tutorat, des stages ou des projets inclusifs encadrés par des professionnels ou des experts-métiers. Nous y trouvons aussi de l’évaluation de compétences, du développement personnel ou du coaching. Sans avoir à poursuivre pareil inventaire, il est possible de s’entendre sur l’idée que toutes ces initiatives n’ont en réalité qu’unique portée : Construire et mener un accompagnement complet, toujours plus engagé et précocement conduit pour « aider et préparer » l’étudiant à approcher l’univers professionnel dans lequel il aura à s’insérer. Comprenons-le ainsi : cette préparation est une sorte d’éveil programmé, de mise en condition et de conscientisation active !

Mais si l’éventail des possibles est large et les bons ingrédients probablement disponibles, il restera à en réaliser le bon mélange.  Et, là est le point névralgique ! En effet, il ne s’agît pas de collectionner des actions en les juxtaposant les unes aux autres mais bien de proposer des démarches possédant un sens logique et parfaitement articulées.  Cette modeste mise en garde est une sorte de précaution ici rappelée.. Aux concepteurs de programmes d’accompagnement de s’y atteler car pour le reste tout est histoire de convictions.

Comment concevoir un accompagnement ?

De toute évidence, l’accompagnement de carrières ne saurait permettre de définir par anticipation des parcours en devenir de l’étudiant mais bien d’identifier et de mettre en exergue de façon tangible les aptitudes à mobiliser notamment plus d’agilité, de créativité ou encore de pensée critique. Le devenir d’un jeune diplômé ne peut être décidé ou défini aux premières heures de sa vie professionnelle. Il ne peut s’agir que d’indications sommaires, parfois trompeuses, en tout cas prématurées. Il est à mon sens difficile de se faire à l’idée qu’il faille absolument posséder une vision précise sur un projet professionnel car – pour   le moins – à 20 ans cela parait extrêmement difficile et peu sérieux.

L’avenir se conçoit plutôt en termes de pistes ou de chemins de carrières. La notion de trajectoire, elle, repose sur l’idée de progrès, de linéarité ou d’échéancier.  Presque inconsciemment, c’est le schéma de représentation qui prévaut quand nous souhaitons définir une projection d’avenir. Or, dans la vie réelle, ceci est une simple vue de l’esprit tant les impondérables et les aléas commandent l’altérabilité d’une trajectoire. Il en va de même avec l’idée de parcours qui en appellent aux notions d’étape, de pauses et de timing préétabli.

Mon autre conviction est que le futur ne se conjugue jamais à l’aune unique des compétences techniques ni même des savoir-faire. Que dire de la nature de la posture professionnelle mais aussi de la propension à l’engagement personnel, de la combativité sainement et éthiquement démontrée, de la persévérance non-obstinée ou de l’intelligence et de la maitrise émotionnelle ?

C’est là tout un pan de facultés et de dispositions intra-personnelles capitales qui préfigure bien plus encore la réussite professionnelle des futurs lauréats et des jeunes acteurs du marché du travail. C’est un regard lucide et réaliste qu’il faut jeter sur l’avenir pour construire et nourrir un engagement fort et solide dans l’action susceptible de mobiliser la génération montante. L’accompagnement de carrières doit être bien plus qu’une simple réponse conjoncturelle commandé par une contraignante et bien réelle exigence pédagogique. Elle doit constituer et former un projet complet sinon global qui -à travers une architecture cohérente- prépare les jeunes lauréats à la rupture majeure qui sera celle vécue lors de leur entrée dans la vie active. Il en va des capacités novatrices des Etablissements concernées. Mais plus encore, il en va aussi des aptitudes à intégrer avec lucidité les normes du monde de travail de demain. Il en va enfin du rôle des entreprises dans l’édification de pratiques d’onboarding de haute facture. Un passage de témoin indispensable.

 

Karim AMARA

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